Adour mon amour : 12 ans de pêche au feeder sur ce fleuve atypique
Dans l’itinéraire du pêcheur, il y a toujours une rivière qui tient une place particulière dans son cœur. Voici une rétrospective de ma relation avec ce fleuve atypique et exigeant qui a marqué douze années de mon expérience et de mes souvenirs de pêcheur : l’Adour.
2014 — La rencontre
J’aime me rendre dans les Landes, à la recherche de nouveaux projets pêche. Rapidement, je suis intrigué par l’Adour, cette rivière qui me semble atypique. Avec l’information d’un poste dans le village de Saubusse, je décide de m’y rendre pour une demi-journée.

Quand je débarque, je découvre un fleuve qui coule vers l’aval à marée basse, puis vers l’amont à marée montante : déconcertant ! De quoi pimenter une sortie de pêche et la rendre extrêmement active, en m’offrant deux visages — un véritable parc d’attractions pour pêcheur. Nous sommes ici au cœur du marais des Barthes, un habitat remarquable et unique pour les nombreuses espèces qui peuplent ces eaux saumâtres.

Troublé par ce décor si particulier, je suis déjà sous le charme.
Sans matériel adapté, la partie de pêche est hasardeuse. Canne et moulinet ne sont pas taillés pour ce courant puissant, et mon feeder le plus lourd, 80 g, se révèle bien insuffisant. Malgré tout, j’arrive à capturer quelques mulets — les premiers de ma vie de pêcheur —, des plaquettes et une petite carpe. Une sortie marquée aussi par de nombreuses décroches et casses. Un résultat qui m’impressionne déjà… sans savoir ce qui m’attend dans les années à venir.
2015 — Le coup de foudre
Un an a passé et j’ai maintes fois repensé à cette première expérience si riche en découvertes. Me voilà de retour sur le même poste, cette fois prévenu de la force du courant et bien décidé à m’adapter à ce fleuve côtier. Le matériel suit : une canne de 4,20 m et des feeders bien plus lourds, au-delà de 100 g. La réussite est au rendez-vous : carpes, brèmes, barbeaux, carassins, plaquettes, bordelières et mulets rejoignent la bourriche.

Un bestiaire impressionnant qui, à chaque touche, offre des combats mémorables, bien aidés par le courant. Le résultat de cette deuxième tentative sur le fleuve est saisissant — une partie de pêche qui a révolutionné ma vision du potentiel du feeder.
2016 — Première vidéo
C’est avec Romain Blot, cameraman de Korda Europe, que je retourne à Saubusse pour filmer la première vidéo proposée par Tackle Guru France. En images, je partage mon enthousiasme pour ce fleuve et la pêche au feeder si particulière qu’il propose. Le résultat : des carpes, des carpeaux et pas mal de carassins aussi. Une très belle pêche au feeder qui se révèle pour la première fois à l’écran, filmée et montée par un professionnel.
2017 — Nouveau poste, plus près de l’embouchure
Je poursuis mes expériences sur ce fleuve en testant un poste plus en aval, à proximité d’Urt. Ce village sur l’Adour marque la limite théorique entre l’eau salée et l’eau douce.
Cette tentative est à nouveau couronnée de succès, avec de belles brèmes et des carpes. La violence des touches et la puissance de ces poissons laissent forcément quelques dégâts sur le matériel. C’est aussi une expérience de pêche au feeder en eau saumâtre, et à ma surprise, ce sont les poissons d’eau douce qui répondent le mieux.
2018 — L’apprentissage se poursuit à Urt
Je poursuis sur ce poste en aval à Urt, avec des touches que je n’arrive pas à contrer. Avec le recul, je sais aujourd’hui que c’étaient de grosses carpes. La pêche de plaquettes, brèmes et brèmes bordelières est toujours très productive en poissons malgré la perte de ces gros sujets. Je commence à me dire que ces gros poissons dans le courant serait une expérience extrême de la pêche au feeder.
2021 — Urt, les carpes en folie de l’Adour
3 ans sans pêcher l’Adour, le fleuve me manque et nos retrouvailles n’en seront que plus sportives. Après avoir analysé mes différentes découvertes j’ajuste mon approche : + de maïs, une amorce plus grossière des feeder plus volumineux de 120 – 150 et même 175 grammes.
Belles et musclées dans le courant, les carpes de l’Adour m’offrent des combats inoubliables. Je m’adapte, j’ajuste mes montages et j’affine mon approche. J’expérimente un montage à élastique qui, avec le recul, n’apporte pas grand-chose : il allonge la durée des combats sans être assez puissant pour vraiment jouer un rôle d’amortisseur.
2022 — La fête du mulet, un souvenir inoubliable
Cette année restera particulière, et certainement unique dans la vie d’un pêcheur en eau douce. À Saubusse, je pêche la rivière avec une approche assez classique. Contre toute attente, dans un moment incroyable, je réalise une pêche de mulets colossale : plus de 50 mulets rejoignent ma bourriche ce jour-là. Des poissons pas très gros, environ 40 cm, mais toujours très combatifs.
2023 — Retour à Urt pour la deuxième vidéo sur ce poste
La pêche est plus délicate, les poissons répondent moins bien. Les brèmes, et notamment les grosses brèmes bordelières, sont toujours au rendez-vous. Pourtant, j’attrape mes premiers barbeaux sur ce poste — des captures inattendues à seulement quelques kilomètres de l’océan.
2024 — Encore à Urt, pour une expérience plus difficile
Les brèmes répondent bien, mais la vidéo est tournée dans des circonstances difficiles. Le poste n’est pas idéalement situé et la journée de tournage est compliquée. Certainement la moins bonne sortie sur ce poste, pourtant le résultat reste bien au-dessus de la moyenne.
> A lire sur peche-feeder.com – Les gros poissons du fleuve
2025 — L’exploration continue, les découvertes aussi
Après avoir échoué sur d’autres postes où le courant est trop puissant, je découvre une nouvelle zone intermédiaire entre Saubusse et Urt. Jamais simple de partir à l’aventure comme ça sur cette rivière : je m’y suis déjà cassé les dents plusieurs fois, et dans cette zone, cela pourrait bien être encore le cas. La pêche débute très mal : il pleut, ce n’était pas prévu, et je n’ai aucune touche pendant plusieurs heures. Encore un échec… Pourtant, une première touche finit par arriver, et c’est une carpe féroce. La première d’une série mémorable. Je perds quelques poissons de belle taille, mais parvient à sortir la plupart des touches. Les poissons ne sont pas énormes, entre 2 et 4 kg, mais le courant décuple leur sauvagerie.
> A lire sur peche-feeder.com – Les carpes du fleuve au feeder
2026 — Le retour avec une approche grosses carpes
Je reviens sur le dernier poste en quête d’une nouvelle sortie carpe en fleuve. La réussite de l’année précédente m’a trotté dans la tête toute l’année. J’imagine des plans et des adaptations pour tenter de prendre ces grosses carpes. Je décide de mettre en place une stratégie spécimen, comme dans ma dernière vidéo sur le Lot : une approche à deux cannes, plus orientée vers le tri des beaux poissons et des carpes.
Après un amorçage massif, les touches débutent très rapidement, dès le premier lancer — et quand une pêche démarre ainsi, ce n’est jamais bon signe. Finalement, cette tentative “grosses carpes” me permet d’en prendre une belle, mais je laisse passer ma chance sur un très gros poisson qui casse mon bas de ligne. Une occasion manquée, mais qui, chaque année, me donne l’occasion de m’adapter un peu plus à cette pêche si particulière.
C’est cette dernière sortie que je vous propose de découvrir en vidéo aujourd’hui.










































