La pêche au coup de compétition exige un esprit de compétiteur : ténacité, concentration, résistance morale, maîtrise de soi, dépassement … des qualités mentales qu’on retrouve dans tous les sports individuels ou collectifs. On insiste beaucoup moins sur l’engagement PHYSIQUE et la nécessité absolue d’une bonne préparation pour palier aux dégâts causés par les postures traumatisantes qu’exige la pêche au coup.

L’action de pêche en compétition est physiquement éprouvante

Que ce soit à la grande canne, à l’anglaise ou au feeder, l’activité  physique du compétiteur de peche au coup peut être considérée comme sportive ! Passons sur la récolte des précieux vers de vases ou le transport du matériel sur les parcours parfois très difficiles d’accès et étudions l’impact sur le corps des mouvements réalisés dans l’action lors de  pêche.

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En pêche au coup de compétition les efforts sont souvent fournis alors que le corps est en déséquilibre.

L’asymétrie et la répétition des mouvements de pêche au coup

Les  mouvements du compétiteur sont répétitifs, appuyés pour le  lancer au moulinet ou exercés  en portant la canne. Ce sont des mouvements asymétriques faisant travailler le dos d’une façon inhabituelle par rapport à la vie quotidienne. Les muscles sont sollicités dans des positions de déséquilibre ce qui engendre des douleurs musculaires, articulaires et ligamenteuses. Par exemple un manutentionnaire qui porte de lourdes charges, peut adapter ses mouvement de façon à solliciter ses muscles et son dos de façon “symétrique” c’est à dire en harmonie avec l’architecture du corps humain.

peche au coup et gestuelle d'expert

C’est en prenant exemple sur les meilleurs pêcheurs que l’on peut adopter des postures plus équilibrées.

Ceci est malheureusement parfaitement impossible pour la pêche au coup. Les meilleurs pêcheurs adoptent une gestuelle exemplaire qui sollicite au minimum les muscles dans des positions de déséquilibre. Cette maîtrise des gestes donne un meilleur équilibre et atténue les traumatismes. Dans ce domaine aussi il faut prendre exemple sur les meilleurs d’entre nous, ceux qui durent au plus haut niveau.

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La mise à l’épuisette acrobatique d’un beau poisson après avoir passé plusieurs dizaines de minutes sans bouger dans le froid : un sacré challenge pour les lombaires !!

Le dos et les épaules : « le moteur du pêcheur »

En compétition, les mouvements sont stéréotypés et s’exercent en portant un poids : celui de la canne et du moulinet. La tension nerveuse  du compétiteur, la nécessité de la précision des gestes et le poids de la canne au niveau des bras et des épaules aggravent la sollicitation du dos. Le travail musculaire dynamique, répété, asymétrique entraîne lors des compétitions un surmenage tendineux et musculaire principalement  au niveau du dos dans son ensemble (rachis dorsal et lombaire) mais aussi au niveau des épaules.

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Les lancers répétés sont traumatisant pour les épaules.

Les pathologies : les troubles musculo-squelettiques (TMS) et vertébraux

On comprend bien que cette sollicitation permanente pendant des heures peut entraîner chez beaucoup de compétiteurs :

  • Des douleurs au dos en bas (lombalgies) ou en haut (dorsalgies) en raison de blocages musculaires douloureux et d’inflammation au niveau des vertèbres et disques vertébraux.
  • Des douleurs aux coudes et poignets – Les mouvements répétitifs lors de l’amorçage à la fronde parfois assez loin peut entraîner des douleurs au coude appelées épicondylites.
  • Des douleurs aux épaules – Les tendinites au niveau des épaules par la répétition du mouvement de lancer peuvent survenir. Au feeder, on peut constater des douleurs tendineuses sur l’avant bras qui tient la canne. Elles sont liées à la sollicitation du poignet avec un poids conséquent : feeder et canne. Le choix d’un matériel léger et maniable peut aussi arranger les choses !
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Sportif le rappel à la fronde … même en blue jeans !

L’âge du pêcheur, son hygiène de vie sont également à prendre en compte. La succession des entraînements et des compétitions à un rythme parfois assez important augmente le niveau de l’activité physique et donc le risque de s’exposer à ses blessures. Ces pathologies fréquentes surviennent sur un organisme insuffisamment préparé physiquement. Cela nous conduit tout droit au deuxième volet de cet article “La Préparation physique !” — A suivre …

Article coécrit avec Dominique Bonnecuelle Médecin Généraliste à Rodez (12) et pêcheur de compétition.

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